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Italie
L’Italie est un État membre de l’UE dont les règles de résidence fiscale ont été réformées à compter de 2024. Elles reposent sur la résidence, le domicile, la présence physique et une présomption réfragable née de l’inscription à l’Anagrafe. Le séjour migratoire reste distinct.
Aperçu informatif des règles internes de résidence fiscale et de séjour.
Résidence fiscale
Selon l’article 2 du code italien de l’impôt sur le revenu, tel que modifié par le décret législatif 209/2023 à compter du 1er janvier 2024, une personne est considérée comme résidente fiscale en Italie lorsque, pendant la majeure partie de la période d’imposition — 183 jours une année normale, 184 jours une année bissextile — l’un des critères applicables est rempli. Les critères sont alternatifs : l’un d’eux suffit.
La résidence interne italienne peut donc être établie si l’un des quatre critères alternatifs est rempli pendant 183 jours ou plus une année normale, ou 184 jours ou plus une année bissextile.
- Résidence (residenza) : en droit civil italien, la residenza est le séjour habituel et volontaire en un lieu. Elle comporte un élément objectif (vie effective et suffisamment stable) et un élément subjectif (intention d’y vivre de façon permanente), reflétés par le mode de vie et les relations sociales, familiales et personnelles habituelles.
- Domicile (domicilio) : pour l’impôt sur le revenu, le domicile est le lieu où se développent principalement les relations personnelles et familiales. La réforme de 2024 a remplacé la référence civile antérieure par cette définition fiscale, donnant plus de poids aux liens personnels et familiaux qu’aux seuls liens économiques. L’appréciation est factuelle et casuistique.
- Présence physique : critère autonome. Il suffit que la personne soit physiquement présente en Italie pendant la majeure partie de la période d’imposition (183 ou 184 jours), quel que soit le motif du séjour et sans qu’il soit besoin de satisfaire aux critères de résidence, de domicile ou d’Anagrafe. Il peut donc s’appliquer aux vacances, aux études, aux visites ou au travail en Italie.
- Inscription à l’Anagrafe : l’inscription au registre de la population résidente pendant la majeure partie de la période d’imposition crée une présomption réfragable de résidence fiscale italienne. La personne peut la renverser en démontrant, par des éléments objectivement vérifiables, que pendant la majeure partie de la période elle n’avait ni résidence ni domicile en Italie et n’y était pas physiquement présente.
Décompte des jours
- Résidence (residenza) : le critère s’apprécie par rapport à la majeure partie de la période d’imposition, mais la notion elle-même est factuelle et ne se réduit pas au décompte des jours de présence.
- Domicile (domicilio) : le critère s’apprécie par rapport à la majeure partie de la période d’imposition ; la question de fond est de savoir si les relations personnelles et familiales se développent principalement en Italie.
- Présence physique : décompte sur la période d’imposition, avec un seuil de 183 jours (année normale) ou 184 jours (année bissextile). Les jours n’ont pas à être consécutifs. Les fractions de jour sont expressément prises en compte, donc arrivée et départ comptent en cas de présence, même partielle. Une présence très brève, purement temporaire ou occasionnelle, comme une correspondance aéroportuaire, peut ne pas être traitée comme une présence pertinente.
- Inscription à l’Anagrafe : on examine si l’inscription couvre la majeure partie de la période d’imposition. Il s’agit d’une présomption réfragable, et non d’une règle irréfragable.
Conséquences fiscales
L’année fiscale italienne est l’année civile. Les résidents fiscaux sont en principe imposés sur le revenu mondial ; les non-résidents, sur les revenus de source italienne, sous réserve des conventions. L’Italie prévoit aussi des régimes spéciaux pour certaines personnes transférant leur résidence en Italie, sous conditions légales.
Migration / résidence dans l’UE
Les citoyens de l’UE/EEE et suisses peuvent résider selon la libre circulation. Les citoyens de l’UE séjournant plus de trois mois sont généralement soumis à des obligations d’enregistrement auprès de la commune compétente. Les ressortissants de pays tiers ont généralement besoin d’un visa ou d’une autorisation pour les séjours plus longs. Le statut migratoire ne détermine pas à lui seul la résidence fiscale.
Références d'orientation
- Code italien de l’impôt sur le revenu (TUIR), article 2 : résidence, domicile, présence physique et inscription à l’Anagrafe
- Décret législatif 209/2023, réforme des règles de résidence fiscale des personnes physiques à compter du 1er janvier 2024
- Agence des recettes italienne (Agenzia delle Entrate), circulaire n° 20/E du 4 novembre 2024