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Roumanie

La Roumanie est un État membre de l’UE où la résidence fiscale des personnes physiques peut naître de plusieurs critères alternatifs : domicile, centre des intérêts vitaux, présence physique de plus de 183 jours au cours de 12 mois consécutifs se terminant dans l’année civile pertinente, et certain service de l’État roumain à l’étranger. Le séjour migratoire reste distinct.

Aperçu informatif des règles internes de résidence fiscale et de séjour.

Résidence fiscale

Selon l’article 7(28) du code fiscal (loi n° 227/2015, telle que modifiée), une personne est traitée comme résidente fiscale roumaine si au moins l’un des critères légaux de résidence est rempli.

  • Domicile : une personne domiciliée en Roumanie est traitée comme résidente fiscale en droit interne. Le domicile est un statut juridique et n’est pas déterminé par le nombre de jours passés en Roumanie. Il se distingue du foyer permanent et du centre des intérêts vitaux, notions séparées dans l’analyse de résidence.
  • Centre des intérêts vitaux : une personne est traitée comme résidente lorsque son centre des intérêts vitaux est en Roumanie. Il s’agit d’une appréciation factuelle du lieu où les relations personnelles et économiques sont les plus étroites. Peuvent entrer en ligne de compte la famille, le foyer permanent, l’emploi ou l’activité, les sources de revenus, les biens, les comptes bancaires et d’autres liens. Aucun facteur n’est nécessairement décisif ; les circonstances sont appréciées dans leur ensemble.
  • Test de 183 jours : une personne est traitée comme résidente si elle est présente en Roumanie plus de 183 jours au total, en une ou plusieurs périodes, au cours de toute période de 12 mois consécutifs se terminant dans l’année civile concernée.
  • Service de l’État roumain à l’étranger : un citoyen roumain qui travaille à l’étranger comme fonctionnaire ou employé de l’État roumain est traité comme résident.

Décompte des jours

  • Domicile : ce critère n’est pas soumis à un seuil de jours. Le domicile est un statut juridique plutôt qu’une mesure de présence physique.
  • Centre des intérêts vitaux : aucun seuil fixe de jours. L’appréciation porte sur le lieu où les relations personnelles et économiques sont les plus étroites. Les orientations ANAF citent notamment la famille, le foyer permanent, l’emploi ou l’activité, les sources de revenus, les biens et les comptes bancaires.
  • Test de 183 jours : le seuil est de plus de 183 jours au total au cours de toute période de 12 mois consécutifs se terminant dans l’année civile pertinente. Toutes les périodes de présence physique sont cumulées, même fragmentées. Les orientations ANAF indiquent que le jour d’arrivée, le jour de départ et les fractions de jour sont comptés.
  • Service de l’État roumain à l’étranger : ce critère ne repose pas sur un minimum de jours en Roumanie. La résidence découle du statut qualifiant de citoyen roumain travaillant à l’étranger comme fonctionnaire ou employé de l’État.

Conséquences fiscales

L’année fiscale roumaine est l’année civile. Les résidents fiscaux sont en principe imposés sur le revenu mondial ; les non-résidents, sur les revenus de source roumaine.

Pour une personne qui devient résidente au titre du centre des intérêts vitaux, l’imposition mondiale s’applique dès le premier jour où elle déclare que ce centre est en Roumanie. Pour une personne qui devient résidente au titre du test de 183 jours, l’imposition mondiale s’applique dès le premier jour d’arrivée en Roumanie, sous réserve des conventions.

Des règles spéciales s’appliquent lorsqu’un résident fiscal roumain domicilié en Roumanie change de résidence fiscale :

  • Départ vers un pays conventionné : lorsque la personne prouve un changement de résidence fiscale vers un État avec lequel la Roumanie a une convention, l’obligation fiscale pleine roumaine se poursuit jusqu’à la date du changement, sous réserve de la convention. La personne doit fournir la preuve de la résidence fiscale dans le nouvel État, par exemple un certificat de résidence fiscale.
  • Départ vers un pays non conventionné : lorsque la personne prouve un changement vers un État sans convention avec la Roumanie, l’obligation fiscale pleine roumaine se poursuit pour l’année civile du changement et les trois années civiles suivantes.

Questionnaire de résidence fiscale

La Roumanie prévoit une procédure administrative spécifique pour déterminer ou confirmer la résidence fiscale d’une personne, selon les règles et formulaires applicables.

  • Questionnaire d’arrivée : une personne arrivant en Roumanie qui y reste plus de 183 jours au total, en une ou plusieurs périodes, au cours de toute période de 12 mois consécutifs se terminant dans l’année civile pertinente, doit déposer le questionnaire de résidence fiscale dans les 30 jours suivant le franchissement du seuil de 183 jours.
  • Questionnaire de départ : un résident fiscal roumain qui quitte la Roumanie pour une période ou des périodes dépassant 183 jours au total au cours de toute période de 12 mois consécutifs doit déposer le questionnaire de départ 30 jours avant le départ. La même obligation s’applique à un non-résident qui avait auparavant l’obligation de déposer le questionnaire d’arrivée.
  • Informations justificatives : le questionnaire et les pièces couvrent notamment le domicile et le foyer permanent en Roumanie et à l’étranger, la situation familiale, l’emploi, les sources de revenus, les comptes bancaires, les biens, l’assurance sociale et maladie, et la résidence fiscale étrangère le cas échéant.
  • Examen ANAF : après dépôt, l’autorité fiscale compétente examine les critères de résidence pertinents et, le cas échéant, la convention. L’ANAF notifie ensuite si la personne a une obligation fiscale pleine en Roumanie ou est traitée comme non-résidente.
  • Défaut de dépôt : le défaut de dépôt du questionnaire dans le délai prescrit constitue une infraction administrative et peut donner lieu à une amende de 50 à 100 RON.

Migration / résidence dans l’UE

La documentation migratoire ne détermine pas à elle seule la résidence fiscale roumaine.

  • Citoyens de l’UE/EEE et suisses : peuvent résider en Roumanie selon la libre circulation et obtenir le document d’enregistrement pertinent.
  • Ressortissants de pays tiers : ont généralement besoin du visa de long séjour et du permis de séjour adaptés pour les séjours dépassant la période de court séjour applicable.

Références d'orientation

  • Code fiscal roumain (loi n° 227/2015), article 7(28), définition légale d’une personne résidente et quatre critères internes principaux
  • Code fiscal roumain, article 59(2), (2¹) et (3), début de l’imposition mondiale et application des conventions
  • Guide ANAF sur la détermination de la résidence fiscale des personnes physiques (2025)
  • Cadre migratoire roumain / résidence dans l’UE